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Au fil de mes réflexions et lectures… ce qui m'a intéressé, ce qui m'a touché, ce que j'aimerais retenir et partager avec d'autres…

Septembre-Octobre 2002

« L’atout gagnant - notre cerveau »
Il n’y a sûrement pas de livre plus positif sur le vieillissement que « L’atout gagnant » de Rita Levi Montalcini, prix Nobel de médecine et de physiologie 1986 (Editions Robert Laffont, Paris 1999).
A priori, cet « hymne » aux capacités exceptionnelles du 3ème âge pourrait être pour nous, quinquagénaires et sexagénaires atteints de la maladie d’Alzheimer, une nouvelle source de frustration. Car après nous avoir mis à l’écart de notre activité professionnelle, cette maladie nous privera donc également d’une retraite intellectuellement épanouie et réussie. Néanmoins, et pour garder un brin d’optimisme, je retiens quelques citations qui me paraissent importantes :
 
  • « Il n’y a pas que le nombre de neurones qui compte mais aussi leurs connexions. Et celle-ci se forment constamment tout au long de notre vie, y compris dans la vieillesse, d’une manière directement liée à notre degré d’activité intellectuelle… » (p.couverture)
  • « Le système social actuel tend à exalter le profit, la productivité et l’efficacité ; celui qui, comme la personne âgée, n’est pas en état de « produire » devient automatiquement superflu, inutile, un simple poids pour la société elle même. » (p.169)
  • « Il existe un antidote à cette création négative : être conscient des formidables ressources cérébrales à notre disposition. L’utilisation continue de ces facultés, à la différence de ce qui se passe pour les autres organes, n’use pas le cerveau. Paradoxalement, elle en renforce et en fait resplendir des qualités qui étaient restées cachées jusque-là et n’avaient pas trouvé encore leur expression dans le tourbillon des activités de la jeunesse. » ( p.169)
  • « Même s’il faut reconnaître l’importance d’une bonne santé à tous les âges de la vie, et particulièrement à la fin de celle-ci, l’atout gagnant que possède chaque individu ne consiste pas uniquement dans le bien-être physique, mais dans la connaissance des mécanismes à l’œuvre dans ce merveilleux organe qu’est le cerveau de l’homo sapiens. » (p.20)
  • « À l’aube du troisième millénaire, les jeunes et les adultes doivent avoir accès à un vaste complexe de connaissances pour être à même de se servir adéquatement des potentialités cognitives et émotives de leur cerveau. Ce problème est d’une importance fondamentale pour affronter la dernière période de vie. » (p.20)
  • « Le facteur intrinsèque est le défaut de prévoyance, dès la jeunesse et dans l’âge adulte, l’incapacité de se préparer aux activités de remplacement qui devront être exercées au cours du troisième âge. La raison de cette imprévoyance est la volonté d’ignorer la nécessité d’affronter « personnellement » la vieillesse. » (p.163)
  • « Dans le jeu de la vie, la carte la plus forte est la capacité d’accomplir, à tous les âges et en particulier dans la vieillesse, les activités mentales et psychiques qui sont en notre pouvoir. » (p.161)
  • « Dans mon cas, le temps que j’ai gagné du fait de la diminution de mes activités d’enseignement et de recherche en laboratoire a été consacré à ce qui était mon rêve d’enfance : la participation à des activités d’intérêt public à vocation sociale. » (p.168)
  • « Je pense qu’il ne faut pas vivre la vieillesse en se réfugiant dans le souvenir du temps passé, mais en programmant sa propre activité pour le temps qu’il reste à vivre, qu’il se compte en jours, en mois ou en années ; en espérant réaliser des projets qui n’avaient pu être menés à bien dans les années de jeunesse. » (p.18)
Finalement, et en réfléchissant bien, tout ce qui est vrai pour réaliser une vieillesse bien-portante l’est tout autant pour nous qui subissons les conséquences de lésions cérébrales d’une maladie neurodégénérative. Paradoxalement, notre atout à nous, c’est la maladie elle-même qui nous l’offre. Elle nous force d’affronter plus vite « personnellement » et consciemment la dernière période de la vie.
 
(Marcel Brasey 2002)