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Parmi
les nombreuses fables et histoires gentilles que l'on peut
rencontrer sur le web, j'en ai gardée une qui ne
dit pas trop, mais juste assez
Du petit texte d'un
auteur inconnu, parfois un peu mielleux, je retire quelques
propos d'une simplicité bien rafraîchissante
dans notre monde où l'on s'accroche surtout aux superlatifs
et aux exagérations.
"
Je te souhaite juste assez de pluie pour apprécier
le soleil.
Je te souhaite juste assez de douleur
afin que les petites joies te paraissent plus grandes. Je
te souhaite juste assez d'argent pour satisfaire tes
besoins et ainsi, tu apprécieras les surplus. Je
te souhaite juste assez de pertes pour apprécier
ce que tu as.
"J'en
déduis que quelque soient mes difficultés
du moment, " tout est déjà là
" aujourd'hui, pour me retrouver dans le mieux-être
demain, faut-il encore s'en apercevoir et s'en servir. Une
voie bouddhiste ajouterait : " Sois ta propre lumière
".
Et
pour nous, les personnes touchées par la maladie
et leurs familles, j'ai envie de prolonger cette liste -
et tant pis pour sa monotonie :
Je
nous souhaite juste assez de handicaps pour apercevoir
les choses que l'on n'aurait pas vues autrement.
Je
nous souhaite juste assez d'ennemis pour nous faire
changer de perspective et cultiver la tolérance.
Je
nous souhaite juste assez d'éloignement d'une
personne chère pour lui être plus proche.
Je
nous souhaite juste assez de faiblesses dans lesquelles
résident nos forces.
Je
nous souhaite juste assez de pensées au pire
pour trouver plus de contentement dans la vie.
Je
nous souhaite juste assez d'égoïsme pour
mieux donner aux autres et être plus conscient de
notre propre valeur.
Certes,
tous ces bons vux sonnent un peu " amateur ",
mais ils ont le mérite de sortir directement du cur
et là, nous le savons bien, il ne peut pas
y avoir de monopole !
A
propos de cur, pathologies cardiovasculaires et longévité,
j'ai lu récemment dans deux lettres scientifiques
(1,2) des propos intéressants sur les résultats
de recherche d'un éminent épidémiologiste
londonien Michael Marmot qui a mis en évidence l'effet
du gradient social sur la santé et la longévité.
Il s'en explique dans un livre publié sous le titre
: Status syndrome (Bloomsbury Pub., 2005). Marmot y évoque
l'exemple de la ville de Washington.
" Imaginez un trajet en métro dans la capitale
américaine. Vous partez du quartier sud-est de Washington
et vous vous dirigez vers le comté de Montgomery,
dans le Maryland. L'espérance de vie augmente de
1,5 ans par mile parcouru. En effet, l'écart entre
les quartiers pauvres à majorité noire, proches
du centre-ville et les banlieues cossues est de 20 ans "
(2), soit autant qu'entre les longévités moyennes
du Japon (la plus élevée) et du Kazakhstan
(où elle est parmi les plus basses de la planète).
Etonnant, non ? L'auteur pose des questions pertinentes
du genre : pourquoi une famille vivant dans cinq chambres
et trois salles de bain possède-t-elle une longévité
meilleure qu'une autre vivant dans quatre chambres et deux
salles de bain, donc une aisance réelle mais moindre
? Voici une réponse possible qui rejoint un peu nos
" juste assez " de la liste des souhaits : "
Il n'est pas nécessaire d'être pauvre pour
être victime de ce syndrome du statut social, se sentir
pauvre suffit " (1).
Donc, chers visiteurs de notre site, malades ,familles,
sympathisants ou professionnels, pour 2006, je nous en souhaite
juste assez
(Marcel
Brasey, 2005)
(1)
Alzheimer Actualités, Janvier - Février 2005,
No 178, p.1, éd. Fondation IPSEN Paris
(2)
Revue médicale suisse, News et opinions, L'égalité
: le retour, éd. Médecine et Hygiène
Genève, 2005, Article de A. Mauron lu dans www.revmed.ch/infos
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