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Le
village De Bleerinck à Emmen au Pays-Bas (1) est
un établissement de soins long séjour hors
du commun. Il l'était déjà lors de
son ouverture en 1978, il l'est encore aujourd'hui, près
de trente ans après. Ici vivent ensemble 190 malades
Alzheimer à tous les stades d'évolution et
140 soignants. Leitmotiv : le bien-être du malade.
En
entrant dans l'établissement, le journaliste et écrivain
Michael Jürgs (2) se retrouve non pas dans un hall
d'entrée, mais sur une place de village
où
ça sent la vie et non pas l'éphémère
destinée
ça sent le cacao, le spray
coiffant et la terre humide.
A
sa droite, le comptoir d'un salon de coiffure, un peu plus
loin, un restaurant. Sur la petite terrasse des clients
sirotent dans de grandes tasses. Derrière lui, un
supermarché, des revues et des journaux dans un rayon
en bois. Devant lui, un banc de jardin, un arbre et un fleuriste,
à gauche une zone piétonnière avec
des promeneurs. Troublant. " Je viens de passer le
portail d'entrée, et je suis à nouveau dehors
".
Dans
la rue du village - avec un vrai nom -, il y a un salon
fitness, une salle de concert, la bibliothèque et
un cabinet médical avec des heures d'ouverture fixes.
Tant que c'est possible, on joue une vie normale. Ici, contrairement
à une maison de soins normale, les malades se déplacent
chez le médecin et patientent dans une salle d'attente.
Deux posters à l'entrée du cinéma annoncent
les prochaines séances de l'après-midi. Le
large chemin de promenade couvert est tracé en forme
d'un 8
l'infinité. Ici, on évite l'impasse
et la confusion.
Un réverbère, des arbustes, une cabine téléphonique,
des bancs et des chaises où l'on peut s'asseoir et
peut-être parler avec d'autres passants. Mais parler
de quoi ? Somme toute, n'est-ce pas égal ?
Deux monologues, ne font-ils pas aussi un dialogue?
Au début, le visiteur bien-portant sera peut-être
déçu s'il ne retrouve pas l'habituelle ambiance
de jardin d'enfants avec des groupes de chant, de danse,
de peinture ou de bricolage. Mais
ici, on veut surtout vivre ! Car qui aimerait bricoler,
peindre, chanter et danser toute la journée chez
soi à la maison ? Même pas les fous. Et je
ne suis pas fou, juste une personne avec la maladie d'Alzheimer
! Au village De Bleerinck, le modèle thérapeutique
fait place à une véritable " philosophie
de résidence " où chacun choisit son
propre espace.
Bien sûr, il s'agit toujours d' un établissement
de soins spécialisé pour des malades Alzheimer
mais il fonctionne avec un minimum d' " institution
", de règles rigides, de structure et de collectivisme.
Et combien cela coûte ? Michael Jungs* donne un début
de réponse : " Les soins sont chers, très
chers s' ils doivent être bien. A Emmen, ils sont
très bien et pas si chers. Ailleurs très chers
et pas aussi bien
".
Aux
dernières nouvelles, la maison De Bleerinck a gagné
le " Food is Care Award " 2005 parmi les 400 établissements
de soins hollandais sélectionnés pour le concours
du meilleur service de cuisine.
Depuis cette année, il existemême une sorte
de Guide Michelindes établissements de soins longséjour.
Ce " Top 100 2005 " a étéprésenté
par le Secrétaire d'état Ross du Ministère
de la Santé, du Bien-être et des Sports.
C'est donc un exemple à suivre et une adresse qui
vaut le détour pour tous ceux qui s'intéressent
aux affaires sociales dans d'autres régions du monde
(Marcel
Brasey, 2005)
Références:
(1) Informations sur De Bleerinck (en anglais): http://www.tangenborgh.nl/nursing_home.htm
(2) Michael Jürgs, avec des citations de son livre
en langue allemande: Alzheimer - Spurensuche im Niemandsland
, Econ Ullstein List Verlag GmbH & Co. KG, München,
2001
(3) Copyright Photos: Zorggroep Tangenborgh Emmen - NLAvec
l'aimable autorisation de Guus Veltman.
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