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Les premiers signes…(page 3/3)

14. Après avoir vu et revu le tableau de départ des trains et des quais, je montais dans mon Intercity " Francfort-Kassel ". Plus tard, le train déjà en mouvement … stupeur … je me rendais compte que j'allais dans une autre direction. Une fois de plus, j'avais été absent, moi qui étais toujours présent.
(Marcel Brasey, 1998)
 
15. Les changements que vous subissez sont causés par la maladie d'Alzheimer…. Il se peut que vous ayez certaines difficultés à trouver les bons mots, à terminer une pensée, à comprendre des instructions ou à vous souvenir des informations… Ce n'est pas de votre faute.
(Site Web Société Alzheimer du Canada, juillet 2001)
 
16. Lorsque je suis "absente", je suis pourtant bien présente, mais comme dissociée. Mon corps évolue inconsciemment, en effectuant des gestes et parlant presque normalement, mais mon esprit est ailleurs, sans doute dans un univers parallèle infini et indéfinissable…
(Claude Couturier, Puzzle, Journal d'une Alzheimer, p.106,
Editions Josette Lyon 1999)
 
17. Tu es dans la chambre avec la louche à la main et tu ne sais pas ce que tu viens de faire là avec cette louche. Alors tu retournes dans le séjour, dans la salle de bains, dans la cuisine, dans la salle à manger, et tu n'arrives toujours pas à retrouver ce que tu voulais faire avec la louche… Et pour finir tu la caches dans l'armoire à linge…
(Martin Suter, Small World, p.117,
Editions Christian Bourgois 1998)
 
18. Quand le téléphone sonne, c'est la panique. On me dit un nom que je ne retiens pas… je ne sais pas qui c'est et pourtant la voix et le discours me sont familiers… j'écoute et je réponds pour éviter l'affront… je cherche encore… Maintenant, je devine un visage mais toujours pas de nom…… il ne viendra pas. Cette fois encore, je trouve une sortie honorable… en passant l'écouteur à ma femme.
(Marcel Brasey, 1999)
 
19. Il arrive parfois que j'oublie ce que je voulais dire et que je ne sache plus ce que j'ai déjà dit… A voir la réaction des autres, je dois me répéter souvent… alors je me tais.
(Marcel Brasey, 1999)
 
20. Je ne sais plus comment utiliser le bancomat, le parcomètre, le distributeur de billets… donc, je ne vais plus à la banque, je ne me parque plus en ville et je ne prends plus de billets automatiques… tout cela ressemble étrangement à une morale bien suisse "si on sait pas, on va pas !".
(Marcel Brasey, 1998)
 
21. J'ai remarqué que, lors des conversations téléphoniques, je n'arrive pas à me souvenir de mon adresse. J'ai donc une carte sur mon secrétaire avec mon nom et mon adresse, et tout le tralala. Mais le gens trouvent toujours le moyen de poser une question dont la réponse ne se trouve pas dans mon aide-mémoire ! Ma liste s'allonge donc encore et encore.
(Jeanne dans : Lisa Snyder, Vivre avec l'alzheimer, p.89,
Editions Fides, 2001)
 
22. Parler la première fois de ses problèmes de mémoire peut aussi être le moment où commence ou se termine une sympathie ou une amitié. Comme avec cet ami, à qui - dans un de mes moments de panique - j'ai confié mes premiers symptômes...
Son mot de consolation : "t'es pas un peu hypochondriaque, toi?" …
(Marcel Brasey 1998)
 
23. J'oubliais mon déjeuner, mon porte-documents, mes clefs, et je devais écrire mot à mot ce que je souhaitais inclure dans mes conversations.
(Bill dans : Lisa Snyder, Vivre avec l'alzheimer, p.61, 
Editions Fides, 2001)
24. Est-ce qu'il faut parler de fatigue, de déprime, de maladie ? … Nos interprétations divergent complètement. … Chacune de nous juge la métamorphose de notre mère à la lumière de son histoire personnelle. De sa relation avec elle.
(Françoise Laborde, Pourquoi ma mère me rend folle, p.21,
Editions Ramsay, Paris 2002)
 
25. " J'ai les mots en vacance ", ajoutait-elle dans un éclat de rire. " Sans s, précisait-elle avec un sourire malicieux. En tout cas, si c'est avec un s , ils sont partis sans moi. "
(Marie-Andrée Donovan, Mademoiselle Cassie, p.9,
éd. David, Ottawa Canada 2003)
 

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